06/09/2005

A chacun sa rentrée...

Lorsqu’en avril 2005, j’ai pris la décision d’ouvrir cet espace de dialogue, j’ai pris l’engagement de démontrer qu’ensemble, nous pourrions construire « une autre agglomération ».

Les premières réactions qu’ont suscité cette initiative ont été encourageantes, ne serait-ce que pour avoir permis la libre expression d’attentes et de préoccupations qui sont celles du quotidien des béarnais.

Il nous appartient aujourd’hui de construire (et pas seulement de combattre – si ce n’est pour illustrer - les postures et méthodes que je dénonce) cette véritable alternative, porteuse d’ambitions et d’espoirs pour demain.

Je me conformerai donc à l’esprit de cet outil de communication – la réactivité – pour ouvrir aussi souvent que possible, des voies et des débats. Je ne me priverai pas de tirer parti de l’expérience de terrain que j’ai acquise depuis quinze ans dans ma ville, Billère ou dans mes fonctions au Conseil Général des Pyrénées Atlantiques.

Rentrée 2005

Lors de chaque rentrée, le groupe Pyrénées Presse donne la parole à différents élus de l'agglomération. Je publie dans cette note l'entretien que j'ai eu avec Bruno Robaly, paru le 5 septembre 2005.

RENTRÉE POLITIQUE Jean Arriau (UMP), 1er vice président de la communauté d’agglomération

Pau-Pyrénées

Face à André Labarrère, le maire de Billère défend une autre méthode pour gérer l’agglomération paloise.

Jean Arriau (UMP) est maire de Billère, premier vice-président de la communauté d’agglomération Pau-Pyrénées, vice-président du conseil général des Pyrénées-Atlantiques, et professeur des universités.

Comment abordez-vous cette rentrée politique ?

Jean Arriau.- Avec de bonnes résolutions et un vœu : que l’on arrête, au sein de l’agglomération, les jeux du cirque stériles. Ces derniers mois ont été ponctués de phrases assassines, de règlements de comptes. On nous serine « Tout va très bien, Madame la Marquise », ou « Dormez bien, braves gens ». On coupe le micro à celui qui doute, on lui sucre sa commission… Il faut changer de posture, changer cette façon de faire de la politique, tant dans la forme que dans les contenus et les programmes.

Au sein de l’agglomération, vous êtes désormais l’ennemi préféré d’André Labarrère…

J.A.- Son adversaire privilégié, plutôt. Je défends une autre méthode, et je n’ai jamais été un homme d’appareil… Si je m’autorise à dire certaines choses avec autant de force, c’est que je m’appuie sur quinze ans d’expérience à Billère. Aucune ville n’est facile à gagner, ni à gérer. Je suis fier de nos réalisations, et surtout de la manière dont cela a été mené.

Vu de Billère, dans quel état vous semble la droite paloise ?

J.A.- J’ai noté que Patrick de Stampa a été victime cet été d’une véritable exécution de la part de certains de ses « amis ». C’était une réaction excessive, assez injuste. Car il est très difficile d’être dans l’opposition à Pau : il faut de la patience, du charisme, de l’énergie pour durer avec aussi peu d’oxygène ! L’oxygène pour la droite paloise peut arriver de l’extérieur…

André Labarrère vous prête des ambitions sur Pau pour 2008. Sont-elles réelles ?

J.A.- Avant les prochaines municipales, il y a d’autres échéances importantes (présidentielle, législatives…). Personne ne sait, aujourd’hui, comment les cartes seront alors distribuées, et qui sera présent. Avancer des hypothèses sur les éventuelles candidatures n’est pas sérieux. Seule certitude : je serai présent chaque fois qu’il y aura quelque chose à dire, quelque chose à faire, et des responsabilités à prendre afin d’appliquer le plus efficacement les idées auxquelles je crois.

Vous parlez de " fracture " entre les élus et la population. Arriau 2005 comme Chirac 1995 ?

J.A.- Ce qui motive mon action, c’est la volonté d’une plus grande justice sociale et d’un nouveau dynamisme pour l’économie. Il y a en France une attente pour un changement profond : les gens constatent la baisse de leur pouvoir d’achat, craignent pour leur emploi, doutent du système éducatif, s’inquiètent pour l’avenir de leurs enfants… Ce phénomène national est amplifié ici par une fin de cycle, à la fois économique (Elf Aquitaine a été remplacé par Total) et politique : André Labarrère est au pouvoir depuis 34 ans. Il aura 80 ans en 2008. Aujourd’hui, il faut travailler pour préparer le relais, l’avenir.

Et comment préparer cet avenir ?

J.A.- Nous devons nous préparer à l’arrivée de l’autoroute Pau-Bordeaux, prévoir des zones d’activités et de fret près de l’échangeur. Il y a déjà 67 « pôles de compétitivité » validés en France : il est important d’en obtenir un ici autour du pétrole, du gaz et des énergies renouvelables, en s’appuyant sur la présence de Total et de l’Université. Autre enjeu : il se crée quelque chose d’extraordinaire à Bordes et la communauté d’agglomération paloise doit s’investir dans le projet de pôle aéronautique. Enfin, je rêve que Pau bénéficie enfin d’un vrai projet économico-touristique, réellement professionnel, à la hauteur des atouts de notre région. Regardons aussi ce qui se fait en Espagne : elle est hyperdynamique et sa proximité est une chance à saisir.

N’avez-vous pas une vision trop négative de l’agglomération ?

J.A.- Non. Il y a des choses positives dans les transports en commun, la restauration collective, le logement et l’urbanisme, la collecte des ordures ménagères… Mais il faut aller plus loin pour améliorer le quotidien des gens. Il est important d’harmoniser les prestations pour la petite enfance et les équipements sportifs, par exemple. L’agglomération s’entête sur le sport de haut niveau alors que toutes les piscines (hormis celle de Lons) sont en bout de course. Il faut aussi aider les associations : elles souffrent cruellement au quotidien avec la suppression des emplois jeunes, la crise du bénévolat, le durcissement des normes. Il y a également beaucoup à faire avec le conseil général pour les personnes âgées (maison de retraite, Alzheimer, accueil de jour…) Autant de défis passionnants pour ceux qui sont là et ceux qui viendront après nous.

Question de méthode…

En quoi la « méthode Arriau » est-elle différente de celle d’André Labarrère ?

Jean Arriau.- « Nos choix de développement ne doivent plus être fondés sur des coups de cœurs, des opportunités de subventions (médiathèque, base d’eaux vives…) ou des incantations de gourous (très haut débit…). Pour redonner confiance, nous devons en effet définir un projet cohérent, rassembleur. Les choix doivent être faits à l’écoute de tous acteurs, de la population. Il est également essentiel d’évaluer les politiques publiques. Les élus ne peuvent pas faire n’importe quoi : nous avons une obligation de résultat.

Nous devons donc avoir une réflexion stratégique prospective, et définir ensemble un document de référence, puis nous y tenir. Il y a bien un contrat d’agglomération, qui s’achève en 2006, dans lequel sont inscrits les principaux projets et leurs financements. Mais si l’on prend, par exemple, les dotations qu’avait allouées le conseil général dans ce contrat, seulement 10,42% des sommes prévues ont effectivement été consommées par la communauté d’agglomération paloise. Nous sommes très loin des 85% de l’agglomération Bayonne, Anglet, Biarritz ! Il est donc temps de renégocier ce contrat, avec des choix acceptés par tous, qui prennent en compte un monde qui change. »

Propos recueillis par Bruno Robaly Pyrénées Presse (l’Eclair, La République le 5 septembre 2005)


 

11/04/2005

Haut débit à Pau, un peu de bon sens…

Lorsque nous l’avons adopté, « Pau Broadband Country » était un pari sur l’avenir : le TRES haut débit (par de la fibre optique), pour tous (entreprises comme particuliers).

Ce pari consistait concrètement à prendre de l’avance, et offrant mieux que l’ADSL qui était alors balbutiant.

Connecter chaque foyer, c’est long et cher, parce qu’il faut construire quelque chose qui n’existe pas et donc ouvrir les rues, amener la fibre devant chaque porte. Cela ne suffit d’ailleurs pas car pour qu’il ait envie de se connecter, encore faut-il que l’usager y trouve intérêt…

Pendant ce temps, avec le dégroupage (accès pour des opérateurs privés aux installations de desserte exploitées dans le passé par France telecom) l’ADSL a rattrapé son retard.

Il est allé d’autant plus vite que pour en équiper les foyers, il n’y a rien a construire puisque l’on utilise les lignes préexistantes du téléphone. La concurrence a permis d’élargir l’offre en tirant les prix vers le bas.

Le Conseil Général l’a bien compris et c’est pour cela qu’il a décidé, lui, de construire un réseau indépendant dans tout le département puis de le proposer aux opérateurs privés pour qu’ils offrent partout leurs services, y compris et surtout dans des zones où ils n’auraient pas investi eux-même.

Dès le mois de juillet 2004 et compte tenu des millions engagés, j’ai proposé que l’on remodèle, de façon raisonnée, le projet. Dans ce domaine où tout va vite et alors que l’action publique est plus lente que le marché, c’est être lucide et responsable que de s’adapter, en permanence.

Une action étroite et concertée avec le département pour aller plus vite, des fibres pour les entreprises et les établissements publics mais plus pour les particuliers car, comme ils le feraient pour n’importe quel achat, au supermarché, ils comparent : entre 10 (ou 100) Mo après demain pour 30 euros et 8 tout de suite pour 15, la question est vite tranchée…

Quand cela va déjà très vite et que cela suffit pour ce que l’on a faire, a quoi cela peut-il servir d’aller 10 fois plus vite ? Même chose pour le téléphone et la télé.

PBC ne décolle donc pas auprès des particuliers et je ne m’en réjouis pas car ce qui est investi, c’est de l’argent public.

Cet argent, nous pourrions l’employer pour d’autres choses. L’état ne nous aide pas assez vite pour relier Pau à Bordeaux ? Mettons-le là, par exemple, car plus que les états d’âme, ce qui est important c’est de le faire, et vite, depuis le temps que l’on en parle.

Je me range au bon sens populaire : le mieux est parfois l’ennemi du bien. A chacun ses valeurs.